Il est un coin de France qui se signale par l'originalité de sa cuisine populaire. C'est en effet là, dans une région restreinte de l'Aveyron du Sud, aux marches du Tarn, du Gard, de la Lozère et de l'Héraut que l'on pratique depuis des temps la cuisine du flambadou. Plus qu'une mode culinaire, c'est presque une religion dont les instruments du culte seraient le tournebroche, la lèchefrite et bien sûr le flambadou. Quant à l'autel, ce ne peut être qu'un feu ardent qui laisse couler ses braises incandescentes. Vous vous procurez un flambadou fabriqué par un artisan forgeron ou un serrurier du pays. Les meilleurs sont les plus lourds, mais il faut les manier ! Vous chauffez dans les braises (de chêne de préférence) le cône de l'instrument.

BecassePlus il sera rouge, rouge cerise ou rouge-rose, plus il sera efficace; vous le retirez du feu. Vous glissez dans l'entonnoir un morceau de lard vieux, même rance ( le lard frais ne vaut rien pour cette opération ). Il s'allume tout seul ou vous l'allumez à la flamme. Le lard fondu s'écoule en gerbes de feu, crépite et répand une odeur un peu âcre mais si appétissante. Quand son ardeur s'apaise, quand vous voyez que des gouttes sombres font des taches sur le rôti, vous remettez le flambadou dans les braises pour qu'il soit prêt pour une autre opération, dans les minutes qui suivent (on flambe deux ou trois fois, en salant la pièce après chaque flambée) ou dans d'autres circonstances.